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Jour 3 – jeudi 17 avril

Réveil à 5.30 du matin et départ à 6.00, pour que les garçons puissent faire de belles prises de vue avant que le soleil ne soit trop haut. Nous prenons le petit-déjeuner en route, un sandwich à l’omelette, une patate bouillie et un œuf. Mark nous filme Serge et moi, et nous demande nos impressions. C’est difficile à dire pour l’instant …

Nous arrivons d’abord à un marché qui a une source d’eau non protégée à proximité, et nous commençons à descendre pour faire quelques études de cas et prendre des photos. A ce stade, je me sens vraiment nerveuse. Jusqu’à présent, nous étions assez à l’abri et on nous conduisait presque partout. Ce fut donc un choc, en quelque sorte, de se promener parmi la foule. En descendant le sentier depuis le marché, comme je lutte pour garder l’équilibre, je n’en crois pas mes yeux en voyant de jeunes enfants marcher dans le sens contraire avec de grands jerrycans sur leur dos.

Lorsque nous arrivons au ruisseau, nous voyons un groupe d’enfants et des femmes plus âgées qui remplissent leurs récipients d’eau. En comparaison avec toutes les autres personnes que nous avions vues en ville, ils ont l’air très pauvres voir maladifs. Nous rencontrons une petite fille de 11 ans, qui collecte de l’eau pour toute sa famille. Elle hisse 2 récipients sur un âne et elle en porte 1 sur son dos. Je soulève ensuite un des récipients sur l’âne et l’enfant m’en met un sur le dos et l’entoure d’une couverture. Les récipients font 25 litres – comme nos bidons de recharge – et je ne pense qu’à une seule chose : ‘je sais à quel point ce sera lourd.’ Je ne suis là que depuis une minute, mais c’est tellement lourd et difficile à porter que j’éprouve des difficultés à me redresser. Je réalise ainsi ce que ces petits enfants doivent endurer tous les jours juste pour survivre, ce qui me pousse au bord des larmes. Je me sens mal de pleurer en face d’eux, parce qu’il s’agit justement de leur vie … mais le fait de réaliser l’effort physique qu’ils doivent endurer pour aller chercher de l’eau, qui est contaminée et qui les rendra de toute façon malades, me choque vraiment.

Etonnamment, lorsque nous prions le traducteur de leur demander s’ils sont parfois malades après avoir bu de l’eau, ils répondent d’abord tous non. Nous essayons de formuler notre question autrement : ‘Avez-vous parfois mal à l’estomac ?’ Apparemment, ils pensent tous qu’être malade, c’est quelque chose de grave dont on meurt. Ils sont tellement habitués aux problèmes d’estomac qu’ils ne pensent pas que cela signifie aussi être malade, et ils n’ont donc même pas songé à nous le dire !

Children collect water from the unprotected source in Hiwane
Martha and other girls load up her donkey with 25 litre containers
Rona and Sadie interview some children whilst they collect their water
Sadie lifts Martha's 25 litre container onto the donkey - it's really heavy.
Sadie interviewing children at the unprotected source in Hiwane
Filling up the containers with water
Mulu, age 9, takes her water home
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